Les Anooki, c’est qui exactement ?
Si vous avez déjà arpenté Lyon en décembre pendant la Fête des Lumières, vous les avez forcément croisés : deux petits personnages tout blancs, avec des yeux immenses, un air un peu naïf et une énergie de gamins surexcités. Eux, ce sont les Anooki.
Les Anooki, ce n’est pas une marque ni une mascotte officielle de la ville. C’est un duo de personnages imaginaires créé par deux designers lyonnais, qui s’est imposé avec le temps comme l’un des symboles les plus reconnaissables de la Fête des Lumières.
On pourrait les résumer ainsi :
- Deux petits « Inuits » stylisés, en blanc, très expressifs.
- Un style graphique simple, lisible de loin, qui passe très bien sur les façades.
- Un univers plutôt enfantin, mais qui parle aussi aux adultes (beaucoup de second degré).
- Des installations souvent interactives, joyeuses, jamais moralisatrices.
Ils ne racontent pas l’histoire de Lyon, ils ne citent pas les grands hommes, ils ne font pas de discours. Ils jouent, ils glissent, ils sautent, ils dansent sur les monuments de la ville. Et c’est précisément ce qui fonctionne.
À l’origine des Anooki : deux designers lyonnais
Derrière les Anooki, on trouve un duo bien réel : David Passegand et Moetu Batlle. Tous deux sont designers graphiques et motion designers. Ils se sont rencontrés à Lyon et ont fondé ensemble le studio Inook.
Les Anooki naissent au début des années 2000, d’abord sous la forme de petits personnages animés pour le web (à l’époque où les GIFs et les animations Flash faisaient encore leur vie tranquille). L’idée : créer des personnages ultra simples, identifiables en une seconde, capables de transmettre une émotion juste en bougeant les yeux, les bras, ou en changeant d’attitude.
Ce qui fait la différence par rapport à d’autres mascottes :
- Ils ne parlent presque pas, tout passe par le mime et le mouvement.
- Leur univers n’est pas lié à une marque ou à un produit, mais à des situations du quotidien.
- Ils sont pensés dès le départ pour être animés, pas pour exister seulement en dessin fixe.
Le passage de l’écran aux façades de bâtiments va arriver un peu plus tard, quand les techniques de projection monumentale se démocratisent. C’est là que les Anooki trouvent vraiment leur terrain de jeu : les architectures lyonnaises.
Les grandes étapes des Anooki à la Fête des Lumières
Les Anooki n’apparaissent pas d’un coup en format XXL sur Bellecour. Leur histoire avec la Fête des Lumières se construit par étapes, avec des retours réguliers et des installations de plus en plus ambitieuses.
Des petits personnages au grand format
Au départ, les Anooki sont diffusés sur internet, dans des spots courts, des écrans urbains, des installations vidéos plus modestes. Leur style s’y prête bien : format court, humour simple, visuel immédiatement compréhensible.
Le premier vrai « déclic » à Lyon vient lorsqu’ils commencent à être projetés à grande échelle pendant la Fête des Lumières. Les dates précises varient selon les sources, mais ce qui est sûr, c’est qu’ils reviennent régulièrement depuis plus de dix ans sur différents bâtiments de la ville.
On les a notamment vus sur :
- Les façades de la Presqu’île, avec des jeux de cache-cache, de chutes et de glissades.
- La gare Saint-Paul, transformée en terrain de jeu géant.
- Des monuments emblématiques comme la place Bellecour ou la place des Terreaux (selon les éditions).
À chaque fois, le principe reste le même : les Anooki s’installent sur le bâtiment comme si c’était un terrain de jeu. Ils escaladent les colonnes, se cachent derrière les fenêtres, transforment les reliefs architecturaux en toboggans.
L’exemple marquant : quand les Anooki s’emparent de Bellecour
Si vous devez garder une seule image des Anooki à Lyon, ce sera probablement leur passage sur la place Bellecour. Les créateurs les ont imaginés en train de :
- Se suspendre à la statue équestre de Louis XIV.
- Faire glisser des éléments de décor sur la façade voisine.
- Transformer la place en univers quasi polaire, avec de la neige, des glissades et des chutes contrôlées.
La projection est pensée comme un petit film d’animation en continu, qui loop toutes les quelques minutes. Vous pouvez arriver à n’importe quel moment, rester un cycle, ou en regarder trois d’affilée sans vous lasser, surtout si vous êtes avec des enfants.
Ce type d’installation coche toutes les cases de la Fête des Lumières :
- Lisible de loin, même au milieu de la foule.
- Accessible à tous les âges.
- Sans texte ni dialogue : pas de souci de langue pour les visiteurs étrangers.
- Durée courte, parfaite pour un parcours avec plusieurs arrêts.
Pourquoi les Anooki plaisent autant à Lyon (et ailleurs)
On peut aimer ou pas le style, mais le succès des Anooki n’est pas un hasard. À la Fête des Lumières, ils répondent à plusieurs attentes très concrètes des visiteurs.
Un univers simple, lisible et fédérateur
La Fête des Lumières attire chaque année plusieurs millions de personnes. On se retrouve vite à regarder un monument à 50 ou 100 mètres de distance, dans le froid, au milieu de la foule. Dans ce contexte, les installations trop complexes ou trop chargées en texte perdent facilement une partie du public.
Les Anooki, eux, jouent sur :
- Des couleurs contrastées (les personnages blancs sur fond sombre ou coloré).
- Des mouvements très lisibles (sauter, courir, tomber, danser).
- Un humour visuel universel (gags physiques, petites bêtises, surprises).
Résultat : les enfants comprennent immédiatement, les adultes sourient, les photographes ont des images graphiques, et les vidéastes récupèrent facilement de quoi alimenter leurs réseaux.
Une vraie utilisation de l’architecture lyonnaise
Un autre point fort des Anooki : ils ne s’ajoutent pas « par-dessus » les bâtiments, ils jouent avec eux. Les créateurs exploitent :
- Les fenêtres comme des caches ou des portes qui s’ouvrent.
- Les corniches comme des rebords où s’asseoir ou glisser.
- Les colonnes comme des barres de jeu ou des supports pour s’accrocher.
Sur un même monument, vous ne verrez pas la même séquence qu’ailleurs, ce qui renforce le lien avec Lyon. Certains Lyonnais se souviennent très précisément de « leur » version des Anooki sur un bâtiment précis, à une édition donnée.
Une porte d’entrée idéale pour les familles
Si vous visitez Lyon pendant la Fête des Lumières avec des enfants, les Anooki sont souvent un bon point de départ (ou de passage obligé). En pratique, ça donne :
- Un spot où les enfants restent facilement captivés 10 à 15 minutes.
- Un contenu visuel rassurant (pas d’images anxiogènes, pas de noir complet prolongé).
- Un rythme dynamique, qui évite l’ennui même quand il fait froid.
Pour les parents, c’est l’occasion de faire une pause dans le parcours, de laisser les enfants réagir (« Regarde, il tombe ! », « Il va où là ? »), et de reprendre ensuite vers d’autres installations plus contemplatives.
Où et quand voir les Anooki à Lyon ?
Les Anooki ne sont pas présents à toutes les éditions de la Fête des Lumières, ni au même endroit chaque année. Impossible donc de garantir leur présence à une date donnée. En revanche, il y a quelques repères utiles si vous voulez mettre toutes les chances de votre côté.
Surveiller le programme officiel de la Fête des Lumières
Chaque année, la Ville de Lyon publie le programme détaillé de la Fête des Lumières autour de novembre :
- Sur le site officiel de la Fête.
- Via une carte interactive des installations.
- En PDF ou brochure imprimée (disponible à l’Office du Tourisme et dans plusieurs lieux de passage).
Pour savoir si les Anooki sont au programme de l’année, cherchez :
- Le nom des artistes : David Passegand & Moetu Batlle ou le collectif Inook.
- Le mot-clé Anooki dans les descriptifs.
Quand ils sont là, ils font souvent partie des installations « phares » : place importante, horaires larges, affluence notable.
Les lieux où ils apparaissent le plus souvent
Il n’y a pas de « place réservée » aux Anooki, mais on les a déjà vus sur plusieurs spots majeurs :
- Place Bellecour : grand format, visibilité maximale, idéal pour les familles.
- Place des Terreaux : quand la programmation s’y prête (façade de l’Hôtel de Ville ou du Musée des Beaux-Arts).
- Quartier Saint-Paul : sur la gare SNCF ou des façades voisines.
Si vous voyez les Anooki indiqués sur le programme, prévoyez un peu de marge dans votre itinéraire : ces installations attirent beaucoup de monde, surtout entre 19h30 et 21h.
Conseils pratiques pour les voir dans de bonnes conditions
Pour profiter au mieux d’une installation des Anooki pendant la Fête des Lumières, quelques ajustements simples peuvent faire la différence.
- Horaires : visez le début de soirée (vers l’ouverture officielle) ou le créneau plus tardif, après 21h30. Entre les deux, les grandes places sont souvent saturées.
- Position : placez-vous légèrement en retrait plutôt que tout devant. L’animation est pensée pour être vue en entier, du bas jusqu’au sommet de la façade.
- Avec enfants : expliquez-leur que la séquence tourne en boucle, ça évite les déceptions si vous arrivez « au milieu ».
- Photos : prévoyez plutôt des vidéos courtes que des photos fixes : les gags visuels fonctionnent mieux en mouvement.
Les Anooki, au-delà de Lyon
Les Anooki ne sont pas restés confinés à la Presqu’île. Leur format se prête très bien aux festivals de lumière et aux événements urbains partout dans le monde.
On les a déjà vus projetés sur des monuments dans plusieurs pays, avec toujours la même logique :
- Adapter les gags à l’architecture locale.
- Garder leur langage universel (peu de texte, beaucoup de mime).
- Jouer sur le contraste entre le sérieux du monument et la légèreté des personnages.
Pour Lyon, c’est plutôt une bonne nouvelle : cela renforce la réputation de la Fête des Lumières comme scène de référence pour ce type de créations, et cela diffuse indirectement l’image de la ville.
Un symbole doux de la Fête des Lumières
La Fête des Lumières a plusieurs visages : religieux à l’origine, artistique, touristique, festif. Les Anooki s’inscrivent clairement dans la dimension ludique et familiale de l’événement.
Ce qu’ils apportent à la ville pendant ces quelques jours :
- Une respiration légère au milieu d’installations parfois plus conceptuelles.
- Un point de repère pour ceux qui découvrent la Fête pour la première fois.
- Une forme d’« identité visuelle » non officielle, mais largement adoptée par le public.
On les aime justement parce qu’ils ne prétendent pas être autre chose que ce qu’ils sont : deux petits personnages qui jouent avec la ville. Pas de discours, pas de leçon, juste un moment de jeu projeté à grande échelle.
Si vous venez à Lyon en décembre et que vous tombez sur leurs silhouettes blanches en tournée sur une façade, prenez cinq minutes. Laissez-les finir leur boucle, observez les réactions autour de vous, surtout celles des enfants. Vous verrez vite pourquoi, au fil des années, ces deux petits bonshommes sont devenus, presque discrètement, l’un des visages les plus attachants de la Fête des Lumières.